Mon chef est un maniaque du contrôle – Qu'est-ce qui peut aider ?
Un chef qui contrôle chaque détail peut rendre le travail frustrant. Quand chaque décision est remise en question et chaque étape surveillée, l'autonomie semble impossible. Mais pourquoi certains leaders ont-ils du mal à lâcher prise ?
Au fond, le micromanagement découle d'un manque de confiance—quelque chose qui ne va pas de soi, mais qui se construit avec le temps. Pourtant, beaucoup d'entreprises voient la confiance comme tout ou rien, ignorant qu'elle grandit grâce à la constance et la fiabilité.
Alors, comment changer cela ?
Dans « Rien ne vient de rien », ma dernière chronique mensuelle pour le Kölner Stadt-Anzeiger, j'explore comment la confiance se mérite, pourquoi le contrôle la remplace souvent, et ce qu'il faut pour transformer le micromanagement en véritable collaboration.
« Papa, cette histoire de temps d'écran, c'est tellement énervant ! Pourquoi tu ne me fais pas confiance ? »
Pas un jour ne passe sans que mon fils se plaigne de notre décision de limiter son utilisation du smartphone. Pourquoi ne lui faisons-nous pas confiance ? Parce que chaque expérience, chaque jour sans restrictions, a mené à un temps d'écran excessif. Vu son âge et sa maturité, il n'est tout simplement pas encore capable de s'autoréguler.
Le monde du travail n'est pas différent. Tout le monde exige de la confiance, mais peu sont prêts à en donner. Un manque de confiance mène au micromanagement—des réunions interminables, une réticence à déléguer les décisions, et au final, une équipe dysfonctionnelle. Aucune entreprise ne peut maintenir une haute performance sans confiance. Chaque PDG—que ce soit dans une entreprise du DAX, dans la Silicon Valley ou dans les PME allemandes—prêche la confiance. Pourtant, la confiance reste abstraite, souvent discutée en termes vagues plutôt qu'abordée de manière systématique. Beaucoup de gens croient à tort que la confiance existe ou n'existe pas—un état binaire de zéro ou un, noir ou blanc.
En tant que médecin et leader, je regarde au-delà des symptômes pour trouver les causes profondes. C'est la seule façon de s'améliorer de manière systématique. Une confiance durable doit être continuellement méritée—par la cohérence entre ce que nous disons et ce que nous faisons, entre ce que nous planifions et ce que nous livrons. Même la confiance fondamentale d'un enfant envers ses parents repose sur cette cohérence.
La langue allemande a un terme unique : « Vertrauensvorschuss », qui se traduit approximativement par « crédit de confiance ». Je n'ai pas encore trouvé d'équivalent dans une autre langue. Il décrit l'idée que chaque relation commence avec un certain niveau de confiance qui n'a pas encore été mérité.
Pourquoi irais-je à un rendez-vous avec un parfait inconnu ? Pourquoi postulerais-je dans une entreprise où je n'ai jamais travaillé ? Pourquoi permettrais-je à un nouvel employé de travailler à distance dès le départ ? Toutes ces décisions reposent sur un crédit de confiance. J'adore ce terme—et la langue allemande en général—pour sa précision. Un « crédit » est exactement cela : un point de départ, pas une garantie. Le terme n'est pas « confiance fondamentale ». Un crédit doit être remboursé—ou, dans ce cas, mérité.
Donc, si ton chef est un maniaque du contrôle, la question clé est : Comment méritons-nous la confiance ?
Pour moi, la réponse est simple : la cohérence entre ce que nous disons et ce que nous faisons. Trop promettre et sous-livrer est une recette pour l'échec—quelque chose que nous voyons bien trop souvent en politique.
Si mon fils me dit : « J'arrête après une heure » et qu'il tient vraiment parole, ma confiance en lui grandit—mais uniquement dans ce contexte précis, pas nécessairement en matière de finances. C'est pareil au travail. Si, malgré tous tes efforts, le comportement de ton chef ne change pas, tu peux en parler directement et l'encourager à t'accorder plus de confiance.
Le meilleur modèle mental pour cela est une batterie de confiance. Elle n'est pas simplement à 0% ou 100%—elle fluctue. Aucune relation ne commence sans un certain degré de confiance. Mais avec le temps, la batterie doit être rechargée pour maintenir une relation de travail saine. Construire la confiance nécessite transparence et cohérence—toutes deux essentielles pour une collaboration réussie.
Comme pour tout dans la vie : Rien ne vient de rien